Plasticien

A la chapelle de la Giraudière, Vincent Chudeau (Bouchemaine) proposera dans  l’ancienne tour devenue  chapelle, une installation dans laquelle les thèmes de l'eau et de la mort se croisent: une projection circulaire au sol  et des vitraux évoquent les reflets  de l’eau de la Loire, des photos d'animaux marins, des fossiles et une gravure du déluge entourent pierres tombales de la chapelle,  de vieux dictionnaires scientifiques  font écho à la leçon de lecture de la Vierge présentée au dessus de l'autel. Des bruits de la nature et des fumées complètent cette évocation mystérieuse.

Présentation de son oeuvre par l'artiste

Lors de mes premières visites, la restauration de la chapelle était inachevée : à l’extérieur les dalles funéraires étaient entreposées, peu lisibles. A l’intérieur, des plaques métalliques oxydées occupaient leurs emplacements initiaux.

La peinture « L’éducation de la Vierge » m’a évoqué la transmission de connaissances, le partage d’un savoir. Le détail des doigts de la Vierge et de Sainte Anne, pointant un texte indéchiffrable, induisait deux directions visuelles opposés: vers le haut et vers le bas.

La proximité de la Loire, je l’ai suggérée par une vidéo dont les images du fleuve en crue apportent vie, mouvements et sons à la chapelle funéraire, évoquant l’environnement naturel extérieur : présence de l’eau, d’animaux, ciels nocturnes...

Surgissant de la charpente au centre de l’ancienne tour, cette projection circulaire au sol fait aussi écho aux formes architecturales. 

Les images posées sur les vitraux montrent un flux plus agité, inquiétant mais figé. 

Un abécédaire, inscrit en hauteur sur le cerclage soutenant l’édifice, établit une liste de noms d’animaux aquatiques, mêlant animaux marins et d’eau douce, espèces vivantes et disparues… Il peut aussi suggérer des noms de personnes. Certains mots, proviennent de classifications anciennes, de savoirs disparus, évoquant l’impermanence des connaissances, tels les livres usagés des peintures de vanités.

Issus d’encyclopédies, de dictionnaires, d’ouvrages de paléontologie anciens, ils correspondent à une époque préoccupée par la classification du vivant et l’élaboration de savoirs encyclopédiques, époque contemporaine de la famille de Grand-Launay.

Les livres de paléontologie décrivent des temps très anciens, des variations de niveau des eaux, des modifications des paysages, des espèces éteintes et la mer présente en ce lieu. 

Certaines illustrations d’animaux, transposées en négatif, ont été insérées dans les photographies de détails de la chapelle montrant le passage du temps: vestiges de décors anciens, taches, oxydations, effritements… Elles les transforment alors en milieux aquatiques: fonds marins, plans d’eau…  peuplés de présences animales fantomatiques évoquant aussi la détérioration de notre environnement.

Au moment de la remise en place des dalles funéraires, j’ai découvert les gouttes ou larmes gravées et leur dessin mouvant, oscillant tels des animaux aquatiques qui font écho à ce projet.

VINCENT CHUDEAU

Présentation de l'artiste le jour de l'inauguration Cette curieuse chapelle de la Giraudière posait des problèmes particuliers du fait de sa petite taille qui ne semblait pas pouvoir permettre autre chose que l’accrochage d’œuvres aux murs. Pourtant c’est une installation complexe ne relevant d’aucun genre ou technique particuliers, mais les utilisant tous, qu’a réalisé Vincent Chudeau.

Dans cette si petite chapelle, il a vu grand : s’inspirant à la fois de l’environnement naturel du site, et du tableau de Saint Anne faisant lire la Vierge ainsi que  des pierres tombales de la chapelle, il nous propose un voyage inattendu.   Il explore,  lui aussi, le thème de la Vie,  en évoquant les reflets de l’eau de la Loire  et le monde des animaux aquatiques , et le thème de la Mort  en nous présentant des fossiles et un rappel du déluge qui font échos aux quatre tombes  qui occupent le sol de la chapelle. La vie et la mort sont aussi évoquées par la science qui les étudie, des livres de grands naturalistes étant exposés sur l’autel en miroir de la toile présentant le livre sur lequel la Vierge apprend à lire. C’est tout un univers mystérieux que l’artiste a ainsi créé en associant  les mots, les images et les sons dans une relation subtile avec  la chapelle et son environnement. Marion Julien

Chapelle de la Giraudière
Blaison-Gohier

La chapelle de la Giraudière, isolée au milieu d’une grande prairie, étonne tout d’abord. Une vue d’ensemble de la chapelle et du château niché sur le coteau dans un écrin de verdure permet de comprendre cette étrange situation. La chapelle est aménagée dans une ancienne tour médiévale agrandie par une nef en tuffeau, la tour servant probablement de chapelle funéraire dès la fin du XVIIe siècle. La chapelle dans sa présentation actuelle est bénite en 1884. L’autel surmonté d’un tableau de Sainte-Anne instruisant la Sainte-Vierge occupe le fond de la tour, un chemin de croix garnissait les murs et au sol quatre pierres tombales abritent des ancêtres de la famille Grandlaunay, responsable de l'aménagement de cette chapelle. Elle s’inscrivait à l’origine dans l’organisation générale des jardins à la française aménagés en terrasse devant le château comme le montre le cadastre napoléonien de 1809.

Latitude: 
47.39294
Longitude: 
-0.3744911
Partenaires: 
Diocèse d'Angers
Département Maine-et-Loire
Bouvet Ladubay