Projet de l'artiste:

Guy de Thouars fonda la maladrie de Mortagne sur Sèvre en mémoire de Constance de Bretagne, son épouse, morte le 3 septembre 1201 de cette terrible maladie qu’est la lèpre. Dont les symptômes les plus connus sont la résorption osseuse, les mutilations, les déformations et les paralysies  tout particulièrement du visage.

 La question qui se pose : comment affronter le regard des autres ? La face  défigurée « inenvisageable » et les risques de contagion obligent à vivre en permanence à l’écart.  Se protéger de l’autre, de tous les autres. Jusqu’à ses plus proches, tant les blessures sont insoutenables. Plaies béantes qui interdisent de retrouver   le regard et le sourire de  ses proches.

 L’idée  n’a pas été  de faire le  portrait de Constance de Bretagne et des centaines ou des milliers de malades. Mais simplement  « Tenter de  donner visage » ou « formes aux visages » par des  masques de bois à ces hommes et à ces femmes morts le plus souvent privés de leur visage et bannis de la société des vivants aux termes de la cérémonie de l’Office des morts. Ils vivaient alors de la charité publique à l’écart des leurs et de la ville.

 Ces représentations se voudraient des ex-voto comme ceux de la Source des Roches à Chamalières ou de la  Source de la Seine, déposés là pour demander à la divinité la guérison de la partie du corps représentée…le visage…   

 

Présentation de l'artiste par art et Chapelles le jour de l'inauguration 

Cette chapelle, est porteuse d’une histoire douloureuse, celle des malheureux qui y ont été reclus quasiment morts-vivants.

Pour l’investir, il m’a semblé nécessaire de m’adresser à un artiste  dont le travail porte sur la représentation de la figure humaine.

 

C’est ce que fait Robert Lerivrain qui avec un matériau très simple et très modeste – le bois de cagette – sait traduire les multiples sentiments qui peuvent habiter un homme souffrant.

 

Il refait vivre pour nous ce peuple des lépreux. Les lattes de cagettes évoquent les bandages ou les chiffons  qui recouvraient leurs plaies, et quelques simples morceaux de bois suffisent à exprimer la crainte, la douleur, ou l’espoir qui pouvaient habiter ces hommes et ces femmes rejetés.

 

Tout d’un coup l’histoire de cette chapelle devient vivante et sensible sous nos yeux, et Robert Lerivrain réussit à nous faire ressentir au delà des siècles une grande compassion pour ces inconnus frappés par le destin.

Marion julien

 

Sculpteur
Chapelle Saint- Lazare
Mortagne- sur -Sèvre

De l’ancienne maladrerie fondée en 1212 par Guy de Thouars en mémoire de son épouse emportée par la lèpre, il ne reste que la chapelle relevée de ses ruines à la fin du XIXème siècle. La restauration de l’édifice sera achevée en 1954 tel qu’il se présente à nous aujourd’hui. Vous y découvrirez un vitrail moderne et un chemin de croix en céramique, deux œuvres réalisées par le maître-verrier tourangeau Van Guy.