Pascal PORTAIS  Parcours

Né en 1962, diplômé en Arts-plastiques à l'Université de Rennes II, Pascal Portais parallèlement à son métier d'enseignant, explore dans sa pratique artistique l'incident de parcours. De cet intérêt  pour le hasard, l'aléatoire, naissent au fil des ans des techniques de résistance permettant  à l'artiste d'appréhender sa peinture comme un sport de combat (1), une lutte permanente entre lui, le médium et le subjectile où le résultat obtenu n'est jamais tout à fait celui attendu ouvrant toujours plus grand le champ des possibles. La difficulté résidant le plus souvent dans les choix et la mise en valeur de ses découvertes plastiques.

Pascal PORTAIS Présentation de l'oeuvre réalisée pour la chapelle des Vignes à Feneu

"En bordure de route sur son tapis de verdure , cette chapelle des vignes implantée à l'entrée de la commune de Feneu m'a séduit par sa simplicité et ses belles proportions. Son architecture minimaliste mais toutefois rehaussée d'un joli clocheton  recouvert d'ardoises signale judicieusement son entrée et sa spécificité.

A l'intérieur le temps a fait son œuvre, l'aspect est minéral, rudimentaire voire spartiate. Les murs sont dénudés de tout parement, la pierre locale de construction plutôt sombre est partout apparente. Cette dominante appesantit et assombrit l'espace et les deux petites ouvertures des murs latéraux ne parviennent pas à infléchir cette première impression. Ne désirant pas intervenir sur les murs car beaucoup trop présents mon choix s'est dirigé vers la charpente. Je devais essayer d'apporter à cet ensemble un peu plus de couleurs, de luminosité et de légèreté.

De ce constat est né le projet des bannières. La bannière comme objet flottant dans l'espace de la nef offrant pour chacune des deux surfaces un même motif végétal et sa transgression radioscopique montrant ainsi le passage  entre le peint et le non-peint, le dit et le non-dit."

Pascal Portais

 

 

Pascal PORTAIS Présentation de l'artiste par Art et Chapelles le jour de l'inauguration

 

"Quand on pénètre dans la chapelle des vignes, on est frappé par le caractère très minéral de l’intérieur de l’édifice qui contraste avec son joli nom poétique.

En cherchant un artiste qui soit capable de jouer à la fois avec la rudesse et la poésie qui se dégage de ce décor, j’ai pensé à Pascal Portais.

Pascal Portais vit et travaille à Laval où il enseigne. Dans sa pratique artistique, il explore l’univers végétal, qui constitue pour lui un terrain de recherche et d’expérimentation sans cesse renouvellé. 

Il y a beaucoup de raffinement et de poésie dans les toiles que vous allez découvrir. Ces feuillages, à la frontière entre la figuration et l’abstraction, demandent à être observés lentement aussi bien dans leur rapport avec les pierres de la chapelle que dans le détail de leur réalisation.

Vous pourrez ainsi apprécier la technique particulière de l’artiste, la force et la délicatesse  de cette représentation, et  et vous laisser porter par la méditation à laquelle ces toiles invitent."

Marion Julien

 

 

 

 

Chapelle des Vignes
FENEU

Sur la route de Querré, la chapelle Notre-Dame de Pitié, fut construite en 1648 au frais de René Bodrais, curé de Feneu, et grâce à «… messire Pierre Leclerc, abbé de Sautré, [qui] a donné 50 livres, et environ 80 livres, qui ont été donnez tant  en journées de bras que charroys et autres charités par quelques pieuses personnes de la paroisse de Cantenay ».  Elle est désormais plus connue sur le nom de « chapelle des Vignes » car, à la veille de la Révolution, la vigne couvrait un quart des terres de la commune; mais le phylloxera en 1892 et le manque de bras dans les fermes après la guerre de 14-18 entrainèrent un abandon du vignoble fanouin.

Ce vocable amène à parler des « Rogations ». Autrefois, pendant les trois jours précédant l’Ascension, avaient lieu les Rogations. Lors de cette fête devenue très populaire, les fidèles allaient en cortège dans les champs, précédés d’un prêtre qui bénissait les cultures contre les calamités agricoles.  Selon la tradition, le lundi était consacré aux foins, le mardi aux moissons et le mercredi aux vendanges. De là vient sans doute l’origine du surnom donné à la chapelle Notre-Dame de Pitié où une messe était célébrée  en fin de procession.

Jusqu’en 1958, un autre grand pèlerinage se déroulait pendant la Semaine Sainte; les paroissiens se  rendaient nombreux vers la chapelle des Vignes pour porter dévotion à Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, une piéta en bois polychrome du XVIIème siècle (1623 ?) transportée depuis dans l’église paroissiale. On s’y rendait aussi solennellement au 15 août à la fête de l’Assomption; ce jour-là les communiants revêtaient de nouveau leur aube et leur costume pour la procession qui partait du bourg de Feneu. 

 

La chapelle sur plan quadrangulaire est très simple comme beaucoup de ces édifices. Couverte d’une toiture à charpente apparente formant voûte et coiffée d’un clocheton habillé en ardoise, le seul élément architectonique qui apporte son raffinement à l’édifice est le portail d’entrée du XVIIIème siècle élargi postérieurement à la construction de la chapelle. Deux petites fenêtres latérales éclairent l’autel. Si les murs en pierre apparente ont fait perdre un peu de son unité intérieure à la chapelle qui était primitivement enduite, ces travaux récents permettent de deviner la structure d’un retable en tuffeau qui occupait tout le mur derrière l’autel. Il se composait verticalement d’un encadrement en pierre au-dessus de l’autel pour recevoir une grande toile peinte ou un bas-relief surmonté par une niche qui s’inscrivait dans un fronton triangulaire, un blason couronnant l’ensemble. La niche centrale et celles  de chaque côté du retable abritaient des statues.

 

A travers l’histoire de Notre-Dame de Pitié, on comprend mieux le rôle prépondérant des traditions religieuses qui rythmaient la vie rurale et l’importance mémorielle pour les gens du pays de ces chapelles si nombreuses dans nos campagnes.