Peintre http://olivierhache.com/Peinture/Accueil.html

 
La démarche artistique
Depuis le printemps 2007, je me livre essentiellement à une peinture abstraite.
Mon travail est consacré au traitement de la couleur par couches successives, en champs principalement horizontaux.
Ces espaces de couleurs juxtaposés émergent à la suite d’un traitement de différentes matières en sous-couches, donnant alors texture, profondeur et lumière à toute la peinture.
Les frontières entre ces différents champs, dessous et dessus, produisent une vibration lumineuse visuellement plus localisée, source d'une tension renforcée.
Cette vibration, cette tension donnent au spectateur, à la fois, une impression de mouvements et un sentiment de fragilité (précaire ?) de l’équilibre.
La toile se doit d’être de grandes dimensions afin que le spectateur ait envie de pénétrer la matière, d’être enveloppé par la couleur et saisi de lumière.
Cet effet envoûtant de la toile dans son ensemble doit aussi inviter celui qui la regarde à penser l’œuvre au-delà du châssis et à se situer dans cet au-delà ou, du moins, dans la perspective dévoilée de cet « au-delà ».
Le cadre de la toile, en tant qu’élément positif de la réalité, devient fenêtre sur l’inconnu et exerce sur le spectateur le pouvoir d’attraction, d’exaltation et d’émotion de la peinture.
Ainsi, la toile se fait division de l’espace et du temps entre « ciel » et « terre », « passé » et « futur », « naissance » et « mort », tous repères qu'elle contribue aussi à fusionner.

Elle confère à celui qui la regarde et s'en pénètre la sensation d’être dans le présent, à la frontière de l’art et de la vie et, partant, ailleurs. Elle l'invite à se mouvoir depuis l'oeuvre, déjà guidé par ses couleurs, ses lumières, celles du peintre derrière et au- delà. 

La proposition de Olivier Hache pour Saint-Philbert-en-Mauges

Ma proposition est d’occuper le narthex, la nef et l’aile de gauche (transept Nord) de la chapelle Saint-Philbert pour entrer en résonance et en dialogue avec le chœur, la statuaire et les vitraux de l’aile droite.
Les quatorze stations du chemin de croix sur panneaux de bois auront été préalablement déposées.

Les œuvres peintes sont disposées comme une invite à un parcours depuis l’entrée principale vers la sortie en transept Nord.

Les toiles sont de formats variables et scandent l’espace de la manière suivante :

            -  deux toiles verticales de 1,75 m / 1 m de chaque côté du porche principal, face au chœur et au retable figurant la Sainte Famille.
Chacune des deux cariatides séparées par le grand portail intègrerait en fragment les trois composants familiaux du tableau du retable (Joseph, Marie et Jésus enfant) ; 


            -  une toile verticale de 2 m / 1,1 m entourée de deux toiles horizontales de 1,5 m / 1,1 m, légèrement décalées et non jointées à la figure centrale, occupent la totalité du mur de gauche de la nef.
L’ensemble rappellerait une croix aux bras décalés face au vitrail de Saint Philbert ; 


            -  une toile d’un format plus réduit, 1 m /0,81 m fait écho au Christ en Croix et à la Vierge, situés tous deux sur le mur de droite de la nef.
Cette oeuvre figurerait, voire transfigurerait la Sainte Face ; 


            -  enfin, une toile de 2 m / 1,1 m, horizontale, occupe l’espace du transept Nord, côté gauche, au dessus d’une Vierge agenouillée, face à un autel présentant un tabernacle de couleur pervenche et bronze.
Cette peinture s’offrirait, mystère en accompagnement en partance. 
L’installation et les relations des peintures, places et liens, proposent un double cheminement et au moins autant de parcours : 


            -  le cheminement au fil de mes sept peintures, qui se regroupent et se décomposent :

•                      en fonction des « sujets » et de leur enchainement/leurs relations : 2 
cariatides, 3 branches de la croix, 1 « figure », 1 « paysagère », 


•                      en fonction des formats qui permettent de rythmer l’espace; 


            -  le cheminement transverse allant de ces peintures aux œuvres religieuses d’en face : confrontation, dialogue,... ; 
L’ensemble forme le tissage, trame et chaîne, d’un réseau racinaire au gré du visiteur qui pérégrine d’une toile à l’autre, entre verrière, retable et statuaire, temps et espace 
Ainsi, deux séries d’éléments se regardent et se partagent, peuvent échanger : 


            -  en entrant (de part et d’autre du porche) et à gauche de la nef, des peintures 
profanes ; 


            -  à droite et dans le chœur des œuvres religieuses appartenant à l’église. 


                  Cette possibilité est offerte depuis le centre de la Nef, entre les deux propositions et jusqu’à la Sainte Table. Le dialogue est permis par le libre passage où déambulent le visiteur debout ou/et le fidèle assis.
Ce cheminement, double, cependant ne boucle pas (contrairement au circuit classique de visite d’une allée ou travée d’église à l’autre). Il n’enferme pas. Pas même de silence. Les pas sont orientés vers la gauche, à l’Ouest vers le couchant du soleil, et sa porte de sortie ; un retour vers le grand portail initiale restant envisageable.

                  Dans le passage entre les deux voies, regards, voix, résonances, tout un langage, toutes sortes de langages sont offerts à l’être présent libre d’échanger, d’osciller (douter, oser), de choisir, de prendre place et de poursuivre son chemin jusqu’à en sortir aussi libre, plus libre encore ainsi « enraciné »... Ne pourrait-il tirer plus de force encore de ce rhizome tissé en long et en large et en hauteur et en densité, de ces ramifications multidimensionnelles exprimées dans le lieu sacré de Saint-Philbert ?

                  Sept toiles, regroupées en « tableaux » (2 + 3 + 1 + 1), sont installées en lieu et place d’une partie du chemin de Croix déposé : d’autres chemins que la Croix, de la douleur à la rédemption passée et dépassée par l’humanité du Christ, soit d’autres voies sont proposées. Des bouts de réponses via les formes, couleurs et matières, un langage aux possibles silences qui prend et donne appui (cariatides, croix, traces) et qui questionne sur l’absence/présence. Des corps, de la figuration à la transfiguration, passant par la figure, dans le langage de la peinture et celui esquissé par ces quelques mots.

                  A l’issue du parcours, sortant par le bras du transept nord, les visiteurs pourront prendre dans un panier, un morceau du drap, linceul qui a servi de protection au mur sur lequel les œuvres ont été peintes durant plusieurs mois.
Ces fragments de toiles maculées constitueront une trace du processus créatif, offerts à tous, souvenir et empreinte d’une œuvre vivante.

 

                  Peinture, langages et enracinement corporel

                  Présences-absences, traces-peintures, échanges silencieux qui circulent dans et entre les œuvres, le regard et les pas du visiteur à la suite du peintre lui-même dans le sillage des diverses voies offertes par cette chapelle au pays des Mauges.

                  De part et d’autre du porche, à l’intérieur, se tiennent deux cariatides.
Deux figures aux âmes mouvantes.
En dialogue avec celles du retable de l’autel, chacune des formes convoque, évanescentes, une trace de la Sainte Famille.

                  Le promeneur est appelé à poursuivre son passage dans la nef. Sur la gauche, la Croix en chemin.

                  Un corps « crucial », rigide, difforme, a-forme en écho muet à la statuaire christique et aux couleurs de la verrière de St Philbert.
Corps de toile abstraite, marqué d’histoire, il incarne et dépasse.

                  Une trace rouge, marque d’absence, possible impossible, se laisse apercevoir en surface de terre et de bois, de terre et de mer, de taire et mère. Silence.

                  Les deux bras de guingois, tel le transept brisé mènent le visiteur vers la Sainte Face. Œuvre de format plus ramassé aux carrés circonscrits, imbriqués mais perméables à une lumière pénétrante en extérieur, manganèse et bronze.

                  Là, le suaire, empreinte, marque inversée d’humanité, répond à la Sainte Femme qui lui fait face ; Orante en prières après la Passion, la déploration.

                  Arrivé au cœur de l’édifice, le visiteur est invité à prendre à gauche et découvrir tel un serpent cinémascope une toile aux teintes de l’autel, horizon en prolongement, et son tabernacle, au cœur, en vis-à-vis.
Bleu au mauve sur bronze, tous voilés de blanc, nous amène au sortir du bras gauche de la chapelle, celui qui oriente au Nord et nous rappelle les lumières froides septentrionales, chères au peintre.

                  Horizon vers la séparation et l’éloignement, l’ailleurs, l’après, plus loin avant... Retrouvailles autres.

                  Olivier Hache  11Décembre 2015

Présentation par Art et Chapelles le jour de l'inauguration

Chaque église ou chapelle est pour l’artiste à la fois une source d’inspiration et un ensemble de contraintes. C’est le cas de cette très belle église de Saint Philbert  qui dans notre circuit était  sans doute la plus difficile à investir pour un artiste : elle est toujours ouverte au culte et accueille des cérémonies, elle est occupée par un mobilier  et une statuaire très présents, et elle  pose d’importants problèmes d’éclairage.

Il fallait un artiste très habile pour surmonter toutes ces contraintes.

J’ai choisi le peintre Olivier Hache  car il me semblait que son talent de coloriste et le caractère très méditatif de sa peinture devaient  trouver leur place dans ce décor.

Il a su de façon remarquable organiser un véritable dialogue entre sa peinture abstraite et le décors  figuratif assez chargé de l’église.  C’est tout un réseau de correspondances de couleurs et de liens thématiques qui s’établit sans un face à face  très subtil entre ses toiles et les éléments sculptés ou les vitraux.

Votre regard pourra donc se poser alternativement sur le rétable, les statues  qui occupent les murs, le vitrail de st Philbert  et sur les toiles qui leur font face  et qui en constituent une sorte de miroir contemporain. Vous pourrez observer comment des œuvres anciennes et modernes  si différentes arrivent à coexister  et à s’éclairer mutuellement, transformant notre regard sur l’intérieur de cette église.

Marion Julien

 

  

 

Eglise paroissiale
Saint-Philbert-en-Mauges

Un circuit « Au cœur des Mauges » emprunte inévitablement les chemins creux des guerres de Vendée qui opposèrent pendant la Révolution française les Républicains aux Royalistes parmi lesquels une paysannerie choletaise restée fidèle au roi de France. 

L‘église Saint-Philbert épargnée par les guerres de Vendée témoigne de ce passé encore douloureux dans la mémoire collective des Mauges à travers l’histoire du Père François Davy, à l’époque curé de la paroisse qui refusa de prêter serment à la Constitution civile du clergé et fut déporté en Espagne, avant de revenir exercer son ministère dans la clandestinité.

Cette belle église rurale d’origine romane renferme un magnifique retable qui contraste par sa richesse ornementale avec la simplicité du lieu.