MARIE AUGER : Coordonnées

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www.marie-auger.com

MARIE AUGER : Parcours

Née en 1966, Marie Auger vit et travaille à Nantes. La peinture, le dessin, la photographie, la vidéo, la sculpture, et les arts appliqués lui permettent de construire une œuvre multiforme qu’elle développe le plus souvent dans le cadre d’installations à travers lesquelles elle exprime un univers très personnel. Ses travaux et ses recherches sur le thème de la transmission font appel à la mémoire individuelle et collective en particulier à travers la collecte de paroles. Elle expose régulièrement depuis dix ans. Dans sa dernière exposition à la Galerie du rayon Vert à Nantes - « la shoah, les rêves des enfants d’aujourd’hui » - elle explore  un thème récurrent de son œuvre.

MARIE AUGER : Présentation de l'oeuvre

Il était une fois Hurbinek, l’enfant sans nom d’Auschwitz. Hurbinek, 3 ou 5 ans, ne savait ni marcher ni parler. Dans le camp il n’était l’enfant de personne. Jusqu’à ce que Henek, un adolescent de 15 ans, le prenne sous son aile, le cache, le nourrisse, l’habille, le protège comme un père bienveillant. Et qu’une nuit, Hurbinek dans son sommeil articule un mot.

 Quels rêves auraient été ceux d’Hurbinek s’il était né hors la cendre ?

 Cette question, je me la suis posée en découvrant le modeste bloc notes qui se trouvait à portée d’yeux et d’écriture dans la chapelle Notre Dame de la Salette. Je venais de lire la Trève où Primo Levi témoigne de l’existence des deux enfants, du lien qui les unit.

 Les vœux qui étaient déposés dans le carnet par des passants, pèlerins ou autres, faisaient un écho direct à ceux que j’avais récoltés auprès de visiteurs lors d’une installation antérieure à Nantes. J’avais alors vu durant le mois de l’exposition un mur entier se couvrir des souhaits très intimes de chacun. Des vœux bouleversants par leur fraicheur, leur naïveté, leur bienveillance, l’angoisse contenue parfois et qui rappelaient  de quelle étoffe nous, l’humain, nous sommes faits. Des vœux atemporels révélant de façon si simple et directe qu’à sa source l’homme est possiblement bon.

 Je décidais alors de donner un corps aux vœux muets de l’enfant Hurbinek. 

 Et je fais moi ce vœu que la sculpture qui le figure avec Henek lui ouvre pour nous le champ des mots. Qu’en y regardant bien et en tendant l’oreille, on puisse reconnaître dans le flot de souhaits qui sortent de sa bouche une petite musique très familière…

 Que Notre Dame de la Salette m’entende…

Marie AUGER, Mai 2014

 

MARIE AUGER : Présentation de l'oeuvre par Art et Chapelles le jour de l'inauguration

"La chapelle de Faye d’Anjou, bien qu’elle ne soit plus affectée régulièrement au culte, est toujours un lieu de prière puisqu’elle continue à accueillir  des pèlerins dans la tradition des chapelles consacrées à Notre Dame de la Salette.

C’est une modeste chapelle du XIX° siècle dont le caractère est plus lié à sa vocation de lieu de pèlerinage qu’à son architecture ou son décors.

C’était la seule de nos 6 chapelles qui permette a priori de proposer à un artiste de réaliser ce qu’on appelle une installation.  Pour mettre en oeuvre un tel projet, nous voulions faire appel à un artiste qui soit capable de nous proposer un univers plastique  susceptible de s’inscrire dans cet édifice. Mais plus encore nous cherchions un artiste sensible à la vocation de ce lieu - qui continue aujourd’hui à accueillir des hommes, des femmes ou des enfants qui viennent y déposer leurs vœux – et capable de restituer l’émotion dont ils sont chargés.

C’est la raison pour laquelle je me suis adressée à Marie Auger – peintre et sculpteur - qui non seulement s’intéresse à l’apparence des êtres humains qu’elle peint, sculpte, dessine ou filme, mais qui tout autant s’intéresse - par un processus de collecte de mots - à ce qu’ils pensent, à ce qu’ils disent, à ce qu’ils se transmettent.

Marie Auger a choisi d’évoquer ce peuple des pèlerins à travers des enfants. Je la laisse vous raconter l’histoire des enfants  qu’elle a fait ainsi entrer dans la chapelle. Ce sont des enfants éternels d’hier et d’aujourd’hui. Ils sont porteurs de questions, de souffrances, de rêves et d’espoirs, que leurs attitudes et leurs expressions laissent deviner. La chapelle transfigurée par leur présence, semble être là pour les accueillir et les protéger.

A côté des statues et portraits d’enfants qui occupent la chapelle, vous découvrirez des vœux – petits ou grands -  inscrits sur le mur ou sur de petits miroirs suspendus. Ils sont le signe de l’espérance qui habite ceux qui pénètrent dans la chapelle. Légers ou profonds ils apportent une touche de légèreté et d’espoir dans cet univers très poignant."

Marion JULIEN, responsable de la programmation artistique

 

 

 

 

Peintre-sculpteure
Chapelle Notre-Dame de la Salette
Faye d'Anjou

Plusieurs chapelles en Anjou sont dédiées à Notre Dame de la Salette. Cette dévotion mariale est liée à l’apparition de la Vierge devant deux jeunes enfants qui gardaient quelques vaches sur la montagne de la Salette en Isère. C’était le 19 septembre 1846.

Après la reconnaissance par l’Eglise  de cette apparition miraculeuse, un sanctuaire est  érigé  entre 1861 et 1869  à proximité du site, devenu aujourd’hui le deuxième lieu de pèlerinage après Lourdes. En même temps, on édifie partout en France de nombreuses chapelles dédiées à Notre-Dame de la Salette comme la chapelle de Faye d’Anjou. Elle est construite grâce à une souscription lancée en 1857 par l’abbé Andreau, curé de la paroisse, et aux bénéfices d’une loterie. La bénédiction a lieu le troisième dimanche de juillet 1858 lors d’une procession solennelle suivie par plusieurs milliers de fidèles avec en tête du cortège « la statue de la Vierge et des enfants de la Salette, portés triomphalement par un groupe de jeunes gens, … sous une voûte continue d’arcs de triomphe, de couronnes et de bannières, précédés d’une musique militaire et d’hommes en armes [qui] frappaient d’étonnement, d’amour et de tendre piété tous les nombreux spectateurs. » Ce récit emphatique traduit bien la ferveur religieuse qui déplaçait les foules autour du culte de la Sainte Vierge.

Le lendemain, Perrine Cartier-Verdon -la généreuse donatrice du champ pour la construction de la chapelle- alors âgée de 37 ans et malade depuis plusieurs années, ressentit au cours de l’office du matin un mieux-être physique qui impressionna l’assemblée. Cette « guérison instantanée »  suivie par quelques vœux exaucés concourut localement à la vénération de Notre-Dame de la Salette.

La chapelle se dresse élégamment au fond d’un clos, dans le prolongement d’un mail planté d’ifs. Cet édifice néo-roman de plan rectangulaire est surmonté par un clocheton au-dessus du pignon d’entrée, la sacristie polygonale formant abside* à l’arrière de la chapelle. L’intérieur voûté de croisées d’ogives* en brique est éclairé par six fenêtres en plein cintre* qui baignent de lumière le chœur* délimité par une grille de communion. L’allée centrale et le chœur sont revêtus de carreaux de ciment très à la mode en France à partir des années 1850.

La statue de la Vierge domine le maître-autel, entourée de chaque côté par les bergers de la Salette. Quelques statues de style saint-sulpicien complètent l’ornementation de la chapelle mais le plus émouvant est de pouvoir rattacher chaque objet mobilier encore en place à des gens du pays qui ont contribué à son embellissement: Cartier-Verdon du bourg pour la sainte table, monsieur Bigot de la Brunetière pour les quatre petits chandeliers, le Christ argenté et la statue de la Sainte Vierge, sans oublier les dames Pirault pour la cloche et Jeanne Gameau, simple domestique qui donna une aube en tulle.  Ainsi s’écrit l’histoire de ces modestes chapelles de pèlerinage que nous pouvons découvrir au hasard des chemins en nous promenant dans la campagne angevine.