Photographe

 

HELENE BENZACAR coordonnées

helene.benzacar@wanadoo.fr

www.helenebenzacar.com

 HELENE BENZACAR  Parcours

Hélène Benzacar vit et travaille au Pouliguen (Loire Atlantique). Titulaire d’une agrégation d’arts plastiques et d’un doctorat en Arts et Sciences de l’art à Paris 1 Sorbonne, elle poursuit une carrière artistique de photographe parallèlement à  son métier d’enseignante. Elle s’intéresse particulièrement à la confrontation entre le monde animal et celui des hommes et, depuis plusieurs années, elle développe dans ses créations un univers très personnel utilisant des animaux naturalisés dans sa pratique photographique. Au cours des dix dernières années, elle a exposé régulièrement en France mais également à l’étranger.

 HELENE BENZACAR  Présentation de l'oeuvre:

Depuis plusieurs années, j’utilise des animaux empaillés dans ma pratique photographique. Figés dans la pose, préservés des ravages du temps, ils rappellent l’immobilité de la photographie. Neuf portraits de femmes aux prénoms bibliques (Judith, Bethsabée, Salomé, Rébecca, Bérénice, Suzanne, Marie, Elisabeth, Hélène) ont été installés dans la chapelle Notre-Dame de Lorette. Une abeille naturalisée a été piquée sur les vêtements de chacune d’elles. Il s’agit bien sûr d’une illusion. Le « faire-vivant » de la photographie renvoie au côté ironique de la ressemblance pour satisfaire cet ancien principe de la mimésis selon lequel la vérité de l’art réside dans sa capacité à tromper le spectateur. C’est la fable de Zeuxis, qui peignait des raisins capables d’abuser les oiseaux au point qu’ils essayaient de les manger. Cependant, sous certains angles, l’abeille donne l’impression de n’être pas vivante (l’épingle, même très fine laisse voir sa tête). Le côté figé de la pose mortifie le sujet. Alors que les liens de la photographie avec l’art funéraire, le deuil et la mélancolie ont souvent été soulignés, mon travail privilégie les aspects artificiels, construits et ludiques de la photographie dans la production de l’effet de ressemblance. Je laisse toujours des indices des mises en scène, pour contrecarrer l’illusion. Les abeilles piquées d’aiguilles argentées sur les vêtements sont de discrets indices du montage. La photographie est ici de l’ordre de la genèse, de la gestation active, du processus, du faire. Elle expose ses moyens. Travailler in situ, c’est aussi prendre en compte les spécificités du lieu : une chapelle dédiée aux femmes dont les ex-voto, accumulés près de l’autel, témoignent de leur passage. Les neuf caissons lumineux se font face comme réponse aux vitraux transparents. Neufs plaques de marbre blanc, gravées aux prénoms des femmes accompagnent les textes déjà installés des « remerciements ». Le son enregistré d’un bourdonnement continu complète l’installation La cire, matériau malléable des ex-voto fait quant à elle, le lien entre les abeilles naturalisées des portraits de la chapelle et les collections d’entomologie du Musée des Sciences Naturelles d’Angers, où d’autres photographies : « Portraits de famille », sont également exposés tout l’été, collés au fond des boîtes d’entomologie, piqués, résignés, figés, ils reprennent vie soudain sous la lumière. Hélène Benzacar

 

 HELENE BENZACAR Présentation de l'artiste par Art et Chapelles le jour de l'inauguration

 "Nous commençons donc notre circuit par cette curieuse petite chapelle du château de St Jean des Mauvrets dont on vient de vous expliquer l’origine.

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 Le premier problème posé par le choix d’un artiste était technique : cette chapelle n’a pas d’autre source d’éclairage que sa porte et l’ouverture qui la surmonte, et devait donc être confiée à un artiste particulièrement apte à maitriser ce problème de la lumière. C’est la raison pour laquelle j’ai pensé confier ce lieu à un photographe.

 Ensuite, il fallait pour cette chapelle un artiste qui soit sensible à la fois à l’environnement naturel  et au caractère patrimonial de ce magnifique domaine.

C’est ce qui nous a conduit à faire appel à Hélène Benzacar  dont le travail se singularise par une confrontation subtile et étrange entre le monde animal et l’homme.

Hélène Benzacar  partant de l’idée que cette chapelle est consacrée aux femmes a fait entrer dans l’édifice des femmes modernes. Ces femmes d’aujourd’hui sont tout à fait à leur place dans ce décors très daté  qu’elles éclairent de leur propre lumière intérieure, et qu’en même temps elles ouvrent vers le monde extérieur.

Mais, en donnant à ces femmes actuelles des noms bibliques, que vous découvrirez sur l’autel, l’artiste illustre également les valeurs de permanence qui habitent ces chapelles familiales à travers la transmission qui s’opère de génération en génération.

Ce thème de la transmission est aussi illustré par la présence et le léger bourdonnement d' abeilles qui semblent s’être détachées des ex-voto de cire présents dans la chapelle pour aller se poser sur les vêtements de ces jeunes femmes. Le monde animal et celui des hommes, si caractéristique de ces grands domaines familiaux, se rejoignent ainsi symboliquement. Hélène Benzacar nous invite donc à une méditation subtile sur la création.

 Vous pouvez regarder les photos de ces jeunes femmes pour leur simple beauté immédiate, mais aussi – comme certaines d’entre elles  le font – porter votre regard plus loin et laisser votre imagination vous emporter dans le passé ou vers d’autres horizons."

Marion JULIEN, responsable de la programmation artistique

 

Chapelle Notre-Dame de Lorette
Saint-Jean-des-Mauvrets

SAINT JEAN-DES-MAUVRETS Chapelle Notre-Dame de Lorette Avant le milieu du XIXème siècle, le vieux bourg de Saint-Jean-des-Mauvrets était groupé auprès de l’ancienne église, de la cure et du château actuel que vous découvrez en arrivant. A la suite de la décision du Conseil municipal -vers 1850- de déplacer le centre du village le long de la rue principale récemment tracée et reliant les Ponts-de-Cé à Saumur, le comte de Rouzay propriétaire du château annexe à son domaine ces bâtiments communaux contre une somme de 15 000 francs destinée à la construction de la nouvelle église et du presbytère. Comme le montre le plan aquarellé de 1835, la chapelle Notre-Dame de Lorette était reliée par une galerie à l’église primitive démolie en 1862. Godard-Faultrier, correspondant du Ministère de l’Intérieur pour les monuments historiques, demande alors que la chapelle votive soit préservée et restaurée. Dans l’état où elle se présente aujourd’hui tout indique qu’elle fût totalement rénovée dans l’esprit du siècle et le pignon d’entrée reconstruit. L’origine de la chapelle remonte à 1517. Cette année-là, François de Chateaubriand, seigneur de la châtellenie de Saint Jean, rapporte de son pèlerinage à Loreto une tuile de la Santa Casa, la maison où la Vierge Marie reçut l’Annonciation. Selon la légende, des anges transportèrent en 1294 la Santa Casa dans cette petite ville italienne avant que Nazareth ne soit conquise par les Sarrazins. Pour abriter la relique, F. de Chateaubriand fonde sur sa propriété une chapelle dédiée à Notre-Dame de Lorette. Inutile de chercher la fameuse tuile car à la Révolution les républicains l’auraient jetée dans la Loire. Cette chapelle en brique est insolite en Anjou mais l’idée manifeste était de construire une réplique de la Santa Casa dans la tradition des maisons en Palestine souvent composées au début de l’ère chrétienne d’une seule pièce sans fenêtre telle Notre-Dame de Lorette. Seuls les rampants des pignons et le clocher qui distingue un édifice religieux d’une maison sont en pierre de taille. L’ornementation du portail d’entrée et de la baie sur le pignon principal reprend le vocabulaire roman grâce à un système d’industrialisation des décorations en brique inventé par les frères Virebent; ces architectes toulousains mirent au point en 1830 un procédé mécanique permettant de découper, comme avec un emporte-pièce, des briques de diverses formes dans l’argile crue. A l’intérieur, le maître-autel est légèrement avancé dans le chœur* pour aménager une petite sacristie. Le maitre-autel, les murs et la voûte entièrement peints apportent une grande unité décorative à l’édifice. A gauche de l’autel, sont accrochés, parmi des chapelets et des bouquets de mariées, des chérubins et quelques ex-voto anatomiques en cire que l’on déposait autrefois pour la réalisation de vœux de fécondité ou de guérison. Quelques messages implorant la protection de la Sainte Vierge pour les hommes partis au front en 14-18 se font aussi l’écho des commémorations du Centenaire de la Grande Guerre.