Peintre

GILLES DEVAUX Coordonnées

g.devaux3@gmail.com

 GILLES DEVAUX Parcours

 Né en 1959, Gilles DEVAUX réside et travaille à Paris. Ses études à la Sorbonne, puis le CAPES et l'Agrégation lui ont ouvert l'accès à l'enseignement des Arts plastiques dans le secondaire puis le supérieur. Après trente années de ce métier, il vit l'enseignement comme un moyen d'accompagner d'autres sensibilités et d'ouvrir son propre rapport à la création artistique. En marge, il poursuit une pratique personnelle essentiellement fondée sur la peinture et le dessin. Gilles DEVAUX s'intéresse aux constructions de la nature, aux corps en particulier : ceux représentés par les maîtres du passé, ceux observés sur des plages, le sien dans le reflet d'un miroir ou figé par une photographie.

 

GILLES DEVAUX- Présentation résumée de l’œuvre 

Chemin faisant, trois histoires se trament en quatorze toiles.

Un Chemin de Croix

Le Chemin de Croix fixé aux murs de l'église fut la source du travail. J'y ai vu l'occasion de peindre des corps qui se frôlent et s'appréhendent ; des corps qui s'inquiètent, s'aiment, souffrent et espèrent. Il ne s'agit plus vraiment d'histoire sainte, davantage d'un dialogue avec ce récit et les plâtres d'origine. Parenthèses éphémères, mes peintures les masquent mais en révèlent quelques secrets mouvements.

 Une histoire de regard

Peindre le regard qui se déplace, s'arrête sur un geste, glisse ailleurs, entraperçoit ou ignore le reste. Un regard qui ne voit pas, qui se perd et qui s'éprend.

Un regard que le regardeur est, à son tour, invité à s'inventer.

 Une peinture qui se raconte

Mes tableaux sont traversés par une histoire de la peinture, des modèles magnifiques et encombrants. Avec eux s'engage un rapport tumultueux, à la fois flirt et bagarre, emprunt et destruction. Mon chemin de peinture en porte les traces, des premiers assauts aux ultimes décisions. Une genèse où les réalités de la matière picturale disputent leur présence aux images représentées.

Station après station, c'est une peinture qui n'en finit pas de se chercher.

Gilles Devaux

 

 GILLES DEVAUX Présentation de l'oeuvre par Art et Chapelles le jour de l'inauguration

 "Avec l’église de Charcé Saint Ellier, nous changeons d’échelle et de conditions d’exposition. En effet cette église est toujours affectée au culte, ce  qui crée des contraintes particulières pour la réalisation d’une oeuvre. Par ailleurs, elle est très chargée en décors et  en mobiliers : de grands tableaux, des statues, des sculptures sur bois et surtout un très imposant chemin de croix qui occupe une grande partie des murs de la nef et du transept. Toutes ces oeuvres représentent des personnages.

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C’est ce décors qui nous a conduit à choisir un peintre dont l’essentiel du travail porte sur la représentation du corps humain.  Gilles Devaux, à qui nous avons confié cette église,  a choisi  de s’inscrire dans le décors existant en réalisant un chemin de croix  dont les 14  stations prennent temporairement la place de celles déjà accrochées dans l’église.

 Il se trouve que, depuis dix ans, c’est la première fois qu’un artiste de notre circuit fait ce choix. C’est un pari audacieux car réaliser un chemin de croix,

-      c’est se confronter à l’histoire de la peinture, puisque au cours des siècles l’Eglise a confié aux plus grands artistes  la représentation de la Passion

-      c’est aussi traiter un sujet majeur pour les croyants en se devant  de respecter un récit très codifié par l’Eglise,

-      et enfin, c’est également représenter une dramaturgie de la souffrance humaine, en mettant en scène un ensemble de personnages acteurs des différentes étapes de ce drame.

 Toutes ces dimensions sont présentes dans  les 14 toiles lumineuses et tragiques qu’a réalisées Gilles Devaux dans une approche très contemporaine. En utilisant des cadrages et une palette de couleur inhabituels, il nous propose un traitement à la fois limpide et emprunt de mystère de chacune des stations.

Ce sont les détails de certaines positions des corps ou leur confrontation qui vont vous guider dans une re-découverte de ces 14 stations, que l’on regarde habituellement sans vraiment les voir car on les connaît presque trop.  En vous obligeant ainsi à reconstruire mentalement chaque étape de la Passion et à redécouvrir l’émotion ou le sens dont elle est chargée, Gilles Devaux vous invite à un parcours particulièrement riche et surprenant."

Marion JULIEN, responsable de la programmation artistique

  

 GILLES DEVAUX – Présentation développée de l’œuvre 

 Un Chemin de Croix

Alors que l'église Saint-Pierre de Charcé est riche d'histoire architecturale, alors que de belles peintures ou sculptures s'y trouvent, alors que la sérénité de l'atmosphère aurait pu retenir mon attention, j'ai immédiatement été motivé par son Chemin de Croix[i]. Aussi quelconques soient-elles, ces représentations en plâtre moulé qui se sont multipliées entre la fin du XIXe siècle et le début XXe m'invitaient à reprendre leurs motifs. Plutôt qu'un parcours de Jérusalem au mont Golgotha, j'y ai surtout vu l'occasion de peindre des corps en action ; des corps qui se frôlent, se rencontrent et s'appréhendent ; des corps qui s'inquiètent, s'aiment, souffrent et espèrent ; des corps qui prennent position sur une scène et dans un espace de représentation[ii].

Dans mon cheminement, les auréoles, barbes christiques, couronnes d'épines, clous et autres attributs laissent généralement place à une histoire plus allusive, plus profane, qui demande à chacun d'inventer son propre récit. La Croix elle-même n'apparaît qu'en réserve (ou en arrière plan, derrière les toiles qui n'occultent pas le sommet des plâtres d'origine). Mon parcours est surtout rythmé par la récurrence des blancs et l'insistance des alliances de verts et de rouges. Un chemin balisé dans l'espace de l'église par la verticale des quatorze toiles. Lesquelles peintures ont été initialement conçues de manière à instaurer des dialogues de couleurs et de valeurs suivant une disposition en rimes suivies  et en rimes embrassées. Rimes suivies pour les deux stations 7, 8 du mur ouest ou pour les stations 1,2 et 13,14 des deux chapelles et rimes embrassées pour les huit stations qui se font face sur les deux longueurs de la nef (ABBA face à BAAB).

Il ne s'agit plus vraiment de l'histoire de Jésus, davantage d'une rencontre avec elle et d'un dialogue avec le Chemin de Croix initial. Parenthèses éphémères, mes peintures le masquent deux mois durant mais en révèlent quelques secrets mouvements.

 Un chemin du regard

Il s'est agit de peindre le mouvement de mon regard sur les différentes scènes d'origine et sur ce qui s'est fait et défait tout au long de ma peinture.

Peindre le regard qui se déplace, s'arrête sur un geste, glisse ailleurs, "fait le détail"[iii] d'un genou, entraperçoit ou ignore le reste du corps. Le regard qui ne voit pas, le regard qui se perd, le regard qui s'éprend ou s'égare (comme sur le nœud organique de la première toile[iv]). Concentration ou dilution de la perception. Parfois, l'objet du regard bascule, la matière peinte vient au devant et le geste du pinceau se donne avant celui de la représentation.

Un regard que le regardeur est, à son tour, invité à s'inventer devant chaque toile et devant l'ensemble des peintures. Au sujet du tableau, Paul Klee écrit : "L'œil doit "brouter" la surface, l'absorber partie après partie et remettre celles-ci au cerveau qui emmagasine les impressions et les constitue en un tout."[v]

Du bout de l'œil nous avons cette capacité à vivre les corps observés, à vivre aussi le pinceau qui caresse ou s'exaspère, la peinture qui s'exclame ou s'estompe[vi].

 Un chemin de peintures

Outre le chemin de croix de référence, c'est toute une histoire de la peinture qui traverse mes tableaux. Michel-Ange, Rembrandt, Hals, Delacroix, Degas, Bonnard, Bacon, Freud ... il y a ces modèles magnifiques et encombrants ; guides ou ornières, guides et ornières, ils sont toujours là, en filigrane. Avec eux s'engage un rapport tumultueux, à la fois flirt et bagarre, emprunt et destruction. "Peindre sur des images déjà là" dit Gilles Deleuze[vii]. Il me faut exister malgré eux, grâce à eux, avec eux. "Je veux que la fréquentation d'un maître me rende à moi-même; toutes les fois  que je sors de chez Poussin, je sais mieux qui je suis" confiait Cézanne[viii].

Il y a aussi mes précédentes peintures , des actions, des effets, des questions sur lesquelles je m'appuie, nécessairement. Mais une pratique qui risque constamment de s'enfermer sur elle-même, dans des formules éteintes, emplâtrées. Une pratique menacée par les afféteries. L'académisme de soi-même comme épée de Damoclès.

Pourtant, l'histoire continue son chemin. Mes pinceaux bataillent, patouillent, s'aventurent, s'enthousiasment, se crispent. L'eau de la peinture se dessine sur la toile et la toile affleure sous l'eau de la peinture ou bien disparaît sous une stratification de couches, de tentatives avortées, d'erreurs salvatrices. Légères ou épaisses, les surfaces gardent la mémoire des dessous, d'un vert phtalocyanine qui donne du sang aux chairs[ix]. Et il y a ce blanc, l'enduit de la toile qui joue tour à tour un rôle de lumière, de silence et de structure.

Chaque station aura été préparée par une étude de composition. Pour que cette vision générale n'étouffe pas le travail, je l'ai soumise aux feux de larges et capricieuses traces de peinture verte qui, tout à la fois, violentent le blanc de la toile, campent la scène et imposent leurs aléas. Cette pochade aux allures d'imprimatur provoque les inventions à venir[x].

Le chemin de peinture porte les traces d'une genèse, des premiers assauts aux ultimes décisions. Une genèse où les réalités de la matière picturale disputent leur présence aux images représentées. Dispute que les italiens du XVI siècle identifiaient entre le finito et le non finito[xi]. La matière figure et se figure elle même, prend corps autant qu'elle dépeint les corps. Station après station, tableau après tableau, c'est une peinture qui n'en finit pas de se chercher.

"Une œuvre picturale, un tableau, n'est donc pas une portion d'espace, mais un mode d'apparaître" écrit Eliane Escoubas[xii].

 Ainsi, chemin faisant, différentes histoires traversent mes peintures exposées à l'église de Charcé-Saint-Ellier-sur-Aubance, laquelle constitue elle-même une étape du parcours conçu par Art et Chapelles.

Gilles Devaux

  

 



[i] Le chemin de croix a son origine dans la liturgie du vendredi saint des chrétiens de Jérusalem. C'est seulement sous le pape Clément XII, en 1731, que la permission fut donnée de créer des chemins de croix dans d'autres églises que celles des Franciscains. Benoît XIV, en 1741, dut en limiter l'extension à un seul chemin de croix par paroisse. Le nombre de stations a longtemps été variable, il est fixé à 14 depuis le xviie siècle. En 1991, lors de son chemin de croix, Jean-Paul II, soucieux de plus de vérité et de base solide a supprimé les stations sans référence bibliques (5 au total : les 3 chutes, la rencontre avec Marie et avec Véronique) pour les remplacer par d'autres. Elles s'inspirent uniquement d'événements relatés dans les Évangiles3. On y trouve aussi 14 stations : 1- Jésus au jardin de Gethsémani ; 2- Jésus trahi par Judas et arrêté ; 3- Jésus condamné par le Sanhédrin ; 4- Jésus renié par Pierre ; 5- Jésus jugé par Pilate ; 6- Jésus est couronné d'épines ; 7- Jésus prend sa croix ; 8- Simon de Cyrène aide Jésus à porter la croix ; 9- Jésus rencontre les femmes de Jérusalem ; 10- Jésus est cloué sur la croix ; 11- Jésus promet son royaume au bon larron ; 12- Jésus confie sa mère à Jean ; 13- Jésus meurt sur la croix ; 14- Jésus est mis au tombeau. Et en 1958, à l'occasion du centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Lourdes, un chemin de croix a été construit et une quinzième station ajoutée : "Avec Marie dans l'espérance de la résurrection". Cette initiative s'est propagée.

Dans la tradition catholique, le chemin de croix (via crucis) est un acte dévotionnel privé ou communautaire. Tout en commémorant la Passion du Christ en évoquant 14 moments particuliers de celle-ci (certains issus de la tradition et non rapportés dans les écrits bibliques) le fidèle souhaite recevoir la grâce de communier intensément aux souffrances du Christ, Sauveur des hommes.

[ii] Les 14 toiles sont au format 80 marine présenté dans le sens de la hauteur, soit 89 x 146 cm.

[iii] « (…) Dettaglio, c’est le résultat ou la trace de celui qui « fait le détail » -qu’il s’agisse du peintre ou spectateur. En ce sens, le détail présuppose un sujet qui « taille » un objet. » Daniel ARASSE, Le détail, Pour une histoire rapprochée de la peinture, 1992, Edition Flammarion 1996.

[iv] Perizonium : linge de pureté servant à cacher le nudité du Christ. Cité dans l'évangile de Nicodème. Voir Léo Steinberg "La sexualité du Christ dans l'art de la Renaissance et son refoulement moderne". Gallimard, 1987, Paris. Voir aussi Alexandre Leupin a écrit "Phallophanies :La chair et le sacré", éditions du Regard, 2000.  Le nœud du perizonium en lieu et place du sexe du Christ (voir Le Christ mort soutenu par des anges de Cosimo Tura, 1474, ou La Crucifixion de Lucas Cranach, 1503 etc.)

[v] Paul Klee, théorie de l'art moderne, trad. P.H. Gonthier, Denoël-Gonthier, Paris, 1973.

[vi] Voir les travaux initiés aux Pays-Bas sur l'empathie et l'ADN des "neurones miroirs" (voirFrans de Wall, L'âge de l'empathie : Leçons de nature pour une société plus apaisée, édition LLL (Les liens qui libèrent), Paris, 2010 et poursuivies en France par Jacques Lecomte, La bonté humaine, éd. Odile Jacob, Paris, 2012.

[vii] Gilles Deleuze,  Francis Bacon. Logique de la sensation, éditions de la Différence, Paris, 1981.

[viii] Joachim Gasquet, Cézanne, éditions Bernhein-Jeune, Paris, 1921 (propos rapporté par le poète aixois Joachim Gasquet suite à sa rencontre en 1896, avec Cézanne alors qu'il portraiturait son propre père , Henri Gasquet, dans son atelier).

[ix] Sous-couche en guise de "terre verte" ou de "terre de Vérone" (d'après le gisement d'où elle était extrait). La terre verte est un pigment minéral naturel de teinte vert clair (sorte de gris-vert), constitué de différents composés siliceux (fer, manganèse, magnésium, aluminium) et d'autres minéraux. Utilisé depuis l'Antiquité, cette technique fut, comme le verdaccio, appliquée à la tempera puis à la peinture à l'huile par les primitifs italiens puis flamands. Ce gris-vert placé sous les tons chairs, suggérerait la transparence et la carnation de la peau.

[x] Lesquelles "inventions" relèvent pour une bonne part de la dynamique enseignée par Eugène Delacroix "Ebaucher avec un balai, finir avec une aiguille" mais peuvent aussi rompre avec cette logique de précision progressive. Les derniers gestes peuvent au contraire défaire le naturalisme d'une figure, bousculer des surfaces ou lignes trop sages.

[xi] Comme l'écrit André Chastel (Histoire de la Renaissance. In: École pratique des hautes études. 4e section, Sciences historiques et philologiques. Annuaire 1964-1965.), Vasari justifie "le non-finito d'un Donatello par opposition au fini de Lucca della Robbia". Et il cite Vasari : "les ébauches rapidement enlevées, dans l'ardeur de la première inspiration, expriment l'idée à merveille en quelques traits ; tandis qu'un excès de travail, une trop grande minutie privent les œuvres de toute force, de tout caractère, si l'artiste ne voit pas quand il doit s'arrêter" .

[xii] Eliane Escoubas, Philosophie à l'état naissant, in L'art est-il une connaissance ?, Le Monde Éditions, Paris, 1993.

Eglise Saint-Pierre
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CHARCE Eglise Saint-Pierre

 L’église paroissiale  fut construite au XIème siècle, alors que la paroisse de Charcé était placée sous la dépendance de l’Abbaye de  St- Florent- lès- Saumur depuis le Xème siècle.  Elle était alors dédiée à St Georges. Au XVème siècle l’église changea de vocable et s’appela Saint-Pierre car la Paroisse  revint au chapitre de Saint-Pierre d’Angers qui en resta Seigneur  jusqu’ à la Révolution. Après avoir connu les aléas communs à toutes les églises de cette époque, elle fut rachetée par les communes de Charcé et Saint Ellier en 1811.

 Aujourd’hui, s’imposant sur la place, elle intrigue comme une énigme à résoudre. Elle se présente face à la rue, en trois parties alignées. Le pignon* du chevet  du XIIIème est ajouré de trois baies  qui sont  intégrées dans un mur du XIIème remanié. Elle est flanquée au nord d’une chapelle du XIXème, Notre-Dame, et au sud d’une autre chapelle, Saint-Pierre, du XVIème, dans le mur de laquelle s’ouvrait une fenêtre qui a été aveuglée.  A l’arrière, se profile une  tour carrée du XIIème, la tour du clocher, couverte d’une pyramide d’ardoises du XVIIIème, sommée d’un coq. On devine derrière une petite porte un autre bâtiment qui jouxte l’église : c’est le presbytère, contemporain de la chapelle Saint-Pierre. Ainsi, dès le premier regard, elle annonce les attentions dont elle a fait l’objet pendant des siècles et surtout sa fierté d’en conserver la moindre trace.

 On pénètre dans l’église par une petite porte surmontée d’un préau, « le porche des lecturés », sous lequel on diffusait autrefois les informations, ordonnances ou règlements de justice. A quelques mètres, sur une petite marche, on plaçait le  « diffuseur d’informations ».

 L’Eglise est composée d’une nef* unique à chevet* plat qui précède une travée* carrée plus étroite qui porte la tour du clocher; le chœur* est rectangulaire et son chevet est ajouré de trois baies encadrées par un arc biseauté, qui s’appuie sur des colonnes taillées. Les vitraux sont du XIXème et l’autel  du XVIIème, richement décoré, en forme de tombeau, est paré des symboles de la Trinité. Le tabernacle de la  fin XVIIe a été agrandi au XIXème. L’abside* est ceinte d’un appui de communion en fer forgé du XVIIème.

 Au sud, la chapelle Saint Pierre du XVIème, comprend deux travées, couvertes de voûtes à huit nervures* prismatiques et à clefs* armoriées. Elle abrite dans  une niche triangulaire une statue de Saint-Pierre. Elle est aussi appelée chapelle des Picards car elle fut donnée par acte du 3 février 1533,  en héritage, par Jean Picard, prêtre de Charcé.

 Au nord, dans la chapelle Notre-Dame, on a placée une  belle Vierge à l’Enfant  du XIVème, retrouvée en 1930 par le curé de la paroisse dans les murs de l’ancien fief bénédictin de Paray,  dont la tête avait été brisée et remplacée par celle d’un personnage royal du XIIIème.

Enfin, vue de l’ouest de la nef, on note une toute petite fenêtre ouverte sur…la chambre du curé du presbytère qui pouvait assister aux offices s’il était malade ou surveiller ses ouailles ! On  entre dans l’ancien presbytère du XVème par une porte également du XVème. Avec sa cour spacieuse et ses communs, il est aujourd’hui un centre culturel qu’il faut visiter.

 Sources : Dictionnaire Historique de l’Anjou Célestin Port

                Archives départementales : La Patrimoine historique des Communes du Maine et Loire Anjou 709 Pat