Corine Pradier - Parcours

Née en 1962, vit et travaille en région parisienne.

Diplômée en 1989 de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.

Professeur titulaire de la Ville de Paris de 1991 à 2008.

"Depuis 1995 j'expose régulièrement à Paris puis en Belgique dans des salons ou galeries. J'ai toujours été en priorité intéressée par le dessin, la morphologie, les portraits, les personnages. Mes peintures ont rapidement été de grands formats. En 1995, j'ai commencé à peindre sur des toiles découpées avec des formats inhabituels. La toile ne laissait pas ou peu de place au fond.

Je cherche depuis quelques années des lieux vastes qui me permettent d'exposer ces grands formats.

La proposition de participer à ce circuit arrive bien dans mon parcours. J'ai essayé d'adapter la réalisation de mes panneaux de toile découpée à cette église qui s'y prête bien.

Le concept d'un lieu du patrimoine à habiter entièrement dans un circuit commun avec d'autres artistes m'a plu. L'Art contemporain, c'est aussi rencontrer les autres et s'intéresser à leurs démarches variées.

Le tremplin entre l'histoire, le patrimoine et l'Art contemporain donne une belle façon pour le public d'aborder des œuvres qu'ils n'auraient pas découvertes autrement, et l'on s'aperçoit que l'alchimie fonctionne."

Corine Pradier Présentation de l'oeuvre réalisée pour l'église Saint Germain de Daumeray

"Le personnage, l'humain est ce qui m'intéresse. Je peins pour  traduire des émotions, des sentiments. Je ne traite pas le décor. La plupart du temps, je découpe la toile au format qui est parfois surprenant. Le fond est fait de couches superposées de papiers transparents et de peinture qui donnent un effet vitrail.

L'église de Daumeray présente de grands murs. À gauche en entrant, j'ai réalisé de grandes toiles découpées en arrondi. Elles  entourent des fenêtres et des plaques d'écritures gravées., J'ai voulu raconter une histoire, poser une mise en scène.

Au fond, le plus à l'ombre, il y a un groupe de personnages qui semblent repliés, arc-boutés pour protéger leur Terre . C'est un peu le mythe de la caverne de Platon. Il s'agit là de l'ignorance, de l’intolérance, de l'incapacité à s'ouvrir au monde. Allant vers la lumière, la fenêtre , un personnage au contraire, se laisse porter vers le soleil, c'est Orphée le poète. Eurydice à son tour se laisse atteindre et attirer. Le destin, le libre arbitre sont des thèmes pour moi sources d'inspiration. Comment donner un sens à la vie. Quelle est la part de l'autre dans notre parcours, nos décisions, je ne peux m'empêcher d'être optimiste et confiante.

Sur le grand mur en face, dans une forme de gros œuf , un personnage juste dessiné de couleur sanguine rappelle les fresques romanes. La question se pose toujours, « que sommes nous, d'où venons nous, où allons nous ». L'église datant du XIème siècle me renvoie à  cette interrogation intemporelle.

Il y a aussi deux panneaux, deux couples. L'un  d'eux semble découvrir, l'autre réfléchir. Au dessus d'eux, une voûte rappelle celle du lambris éclairé du plafond de l'autel. J'ai été inspirée là par la cérémonie de mariage du braconnier Rouget qui s'est marié à St-Germain et dont on fête tous les ans l’événement.

Mon idée a été de fondre mes peintures dans le décor de l'église comme si elles  avaient toujours été là avec les questions qu'elles posent."

Corinne Pradier-Boillot

Corine Pradier - Présentation de l'oeuvre par Art et Chapelles le jour de l'inauguration

"L'église de Daumeray est un magnifique édifice, qui est sans doute à la limite de ce que nous pouvons envisager pour Art et Chapelles. Non seulement elle est vaste, mais dans sa simplicité, elle dégage une force un peu impressionante.  Pour pouvoir se confronter à un tel espace, il fallait un artiste qui non seulement soit capable de travailler sur de grands formats mais qui surtout soit en mesure de dégager une puissance d’expression qui lui permette de vraiment prendre sa place dans cette église.

C’est le défi qu’a magnifiquement rélevé Corinne Pradier. Elle vit et travaille à Montgeron et j’ai vu pour la première fois son travail il y a deux ans dans une exposition au Mans.

Les personnages qu’elle peint ont une présence physique et spirituelle étonnante, et une grande force symbolique et poétique. Avec eux, elle habite véritablement cette église d’une façon à la fois puissante et émouvante, en nous proposant à son tour sa vision du monde et son regard sur le destin de l’homme."

 Marion Julien

 

 

 

 

 

 

 

Eglise Saint- Germain
DAUMERAY

Le bourg de St Germain  sous Daumeray est une paroisse constituée dès le XIème siècle. L’Eglise appartient successivement au Seigneur Marcoard de Daumeray, aux Moines de Noirmoutiers, au Seigneur Evêque de Rohan, et enfin à l’Eglise d’Angers à partir du XVIème siècle jusqu’à la Révolution. Supprimée en 1819, rétablie en 1826, la paroisse rejoint définitivement celle de St Martin de Daumeray en 1911. 

Trois époques ont particulièrement marqué cette église : l’édifice primitif remonte au XIème siècle, son chœur au XIVème, et c’est en 1775 que le curé, Jacques Stanislas Lefèvre décide la reconstruction de l’église  car elle menace ruine. Il en confie les plans  en 1779 à M. Simon, architecte au Collège Royal de La Flèche, mais  seuls,  la nef côté est, son portail et le chœur sont restaurés.  L’œuvre est terminée le 14 mai 1787.

L’Eglise  placée entre l’ancienne cure et le logis de Belle Fontaine (1570) participe à un bel ensemble. Sa façade, entourée de deux contreforts carrés, est massive et très sobre. Un petit clocher habillé d’ardoises et couvert d’un toit à quatre pans surmonte le pignon. Les contreforts* à redent qui donnent au chœur son caractère massif datent également du XIVème siècle. Tous les murs sont construits en moellons de pierre froide recouverts d’un enduit ocre, seuls les encadrements des baies et les arêtiers de contreforts* sont en  pierre de tuffeau et en pierre de Rairies.   

A l’intérieur la nef rectangulaire et le chœur à chevet droit, moins large et un peu désaxé au nord, attestent aussi de ces différentes campagnes de travaux. La nef que recouvre un lambris à poinçons* et entraits* apparents est éclairée par deux fenêtres de chaque côté. Le chœur est également lambrissé en planches de châtaignier mais en pénétrant dans l’église notre regard est surtout attiré par l’imposant retable et les autels latéraux. Les orifices dans les murs de l’église correspondent à des poteries noyées dans la maçonnerie pour corriger l’acoustique de l’édifice.

Les autels de style Baroque contrastent avec l’extérieur de l’Eglise. Le maitre autel du  retable a été mis en place en 1629. Il a été le fruit d’une donation de Renée Germain, veuve de M. Bourelière. Il est centré dans le chœur, selon la tradition de l’époque, pour permettre le passage vers la sacristie. De chaque côté, au-dessus des portes se trouvent des niches abritant une Madone à l’enfant et Saint Jean l’Evangéliste, tandis que Saint Germain bénit l’assemblée dans sa niche de couronnement. Le panneau central en mosaïque bleue et or, réalisé par Jules Poulain en 2003, rappelle le texte des Béatitudes. Dans la nef, les deux autels sont dédiés à la Vierge et à St Joseph. Les épitaphes gravées dans les murs témoignent des legs qui ont permis leur installation. Toutes les statues datent cependant du XIXème siècle.  Les  bancs ont traversé les siècles, les deux premières rangées fermées par des accoudoirs rabattables étaient réservées aux dignitaires. Le pupitre du banc gauche situé sous l’arc triomphal du chœur avec son coffre verrouillé en trois points garantissait la sécurité des quêtes reçues.

Les vases de porcelaine et les couronnes de mariées sur l’autel principal rappellent que le 25 juin 1848 a été célébré le mariage de Louis Rouget avec sa cousine Marie. Braconnier, il est arrêté pour le vol d’un lapin, mais il tue un gendarme nommé Javel, chargé de l'arrêter. Condamné aux Assises à Angers, il termine sa vie au bagne de Cayenne et meurt le 19 avril 1858. Son histoire donne lieu à des représentations théâtrales qui font les beaux jours des animations de Daumeray. 

Références : Célestin Port « Dictionnaire Historique » et «les Eglises Accueillantes en Anjou »