Présentation de l'artiste:

Artiste autodidacte, j’ai commencé par l’écriture théâtrale, toujours présente. La photographie, abstraite, puis autobiographique (pratiquée en numérique, dans mon atelier, sans retouches informatiques), a, depuis une dizaine d’années, occupé une place essentielle jusqu’à ma récente rencontre avec l’art textile, véritable révélation. Mais c’est mon cheminement intérieur, de consciences en consciences, qui guide ma création. Ce sont ces états d’être que les arts qui me sont chers enveloppent jusqu’à les enfanter. Depuis mes débuts à Sarlat, en 2011, d’exposition en exposition (Paris, Quimper, Angers…), je présente mon regard, mon intime, et l’offre en partage. La Chapelle de Pitié, si gracieuse, si précieuse, m’est un berceau qui s’apprête à accueillir un deuil de vie : l’enfant qui ne sera. Un renoncement, tout autant chargé de peines que de forces lumineuses. Tout autant chargé de vie…

Présentation de ses oeuvres par l'artiste:

La chapelle de Pitié, mon berceau sûr et sage.

L’abri de mon renoncement.

Ce refuge tranquille de mes silences murmurés, protégeant ma pudeur et mes larmes suspendues.

Des regards, mes regards, aux énergies diverses, portés, posés sur le berceau de celui qui n’est pas, et qui ne sera.

Sur ce berceau creux, où la vie ne croit pas.

Sur ce berceau si pourtant vivant, imprégné de lumineuses grâces au fil du long travail d’aiguille, de tissage et d’écriture qu’il porte en son intime.

Mes regards photographiés, qui veillent tous sur cette absence, qui la chérissent et en connaissent le sens.

Mes regards, qui aiment et qui savent, qui bâtissent pas à pas.

Sur mon renoncement, la vie. Ma vie. Mon être plus riche encore de mon dépassement.

Ma propre naissance, ma grandeur, permises par les circonstances.

Ma force gracieuse, ma lumière triste, l’occasion qui m’est donnée de m’atteindre au plus haut, au plus puissant de qui je suis et de qui je deviens.

L’existence et ce qu’elle apporte, source d’élévation intérieure et profonde.

Et la sagesse, tranquille. L’apaisement, le souffle doux, serein, détaché enfin des douleurs hurlantes.

La beauté de mes jours, dépassant la peine ; et la vie pourtant, enfantée par le rien.

 

Tu ne seras – Installation – Photographie, tissage, couture, écriture – Berceau en osier, chausson d’enfant, laines diverses, tissus (coton, mousseline, polyester, dentelle), rubans, papier pour le texte adressé à l’enfant qui ne sera, reposant dans l’intime du berceau, photographies numériques, sans retouches informatiques (tirages fine art, sur papier coton Hahnemühle, contrecollés sur dibond, et sur carton pour les plus petits formats, réalisés par Michael Vurth, L’atelier des photographes, Angers).

Photographies (de gauche à droite) : Tu ne seras ; Puisque le rêve ; Tu ne m’aimes ; Aubes sourdes ; Puisque ce jour… ; … ce silence ; Raconte-moi… ; Echos ; S’il était ; Prières ; Berceuse, deuxième temps ; Berceuse, troisième temps ; Reste un peu.

astridroche.com

 

 Présentation de l'artiste par Marion Julien (Art et Chapelles) le jour du vernissage:

Nous nous trouvons devant une très petite chapelle. Les très petits édifices posent toujours de problèmes particuliers d’occupation de l’espace par les artistes, mais ils présentent l’avantage de nous donner l’occasion de faire intervenir les photographes.

J’ai demandé précisément à une photographe, à Astrid Roche de réaliser un projet pour cette chapelle. Elle est photographe et plasticienne textile, et travaille à Angers ;  son travail est guidé par son parcours intime et je savais qu’elle saurait trouver une correspondance avec ce lieu

Cette chapelle, placée sous la protection de deux saintes,   s’appelle Notre Dame de Pitié : et c’est une histoire douloureuse de femme que vous raconte l’artiste.

Au delà de son expérience personnelle, Astrid Roche aborde le thème universel et éternel de la maternité. Le titre « tu ne seras », le berceau vide que vous découvrirez,  les visages douloureux qui l’entourent, les titres des photos, disent clairement  la douleur du renoncement  et la nécessité de le sublimer pour trouver l’apaisement. Ils vous renverront  à des expériences vécues ou partagées  et susciteront votre compassion.

L’émotion que l’on ressent dans la chapelle n’est pas seulement liée au caractère dramatique de l’évocation, elle est principalement crée par la beauté des photos, dont Astrid vous expliquera qu’elles ne sont pas retouchées numériquement, et par l’impression d’authenticité qui se dégage de cette création associant la photo et le textile dans une installation ronde très symbolique.

Photographe/Plasticienne textile
Chapelle Notre-Dame de Pitié
Passavant-sur-Layon

S’élevant élégamment à flanc de coteau à la sortie du village, la Chapelle Notre-Dame-de-Pitié est très pittoresque par sa situation. Cette chapelle, fondée en 1408, se rattachait, semble-t-il, à un prieuré doté d’un bénéfice pour apprendre à lire aux pauvres de la commune. Elle sera restaurée autour de 1860, puis en 1972 dans l’état où elle se présente  aujourd’hui. La chapelle renferme deux très belles statues en pierre, l’une de Sainte Apolline, l’autre de Sainte Noémie, que l’on invoquait respectivement pour les maux de dents et les convulsions des enfants.

Latitude: 
47.107474
Longitude: 
-0.392833